Un triangle équilatéral est un triangle dont les trois côtés sont de même longueur,
les angles sont égaux et mesurent 60 degrés (soit radians).
Dans un triangle équilatéral, toutes les droites remarquables (médiane, hauteur, bissectrice, médiatrice) relatives à un même côté sont confondues.
Elles ont même longueur, égale à a, où a est la longueur du côté du triangle.
L'aire du triangle est a × h égale à a2.
Le centre de gravité est confondu avec l'orthocentre et les centres des cercles inscrit et circonscrit.
Le rayon R = OA du cercle circonscrit est égal aux de la longueur de la médiane, soit R = a.
Le rayon r = OH du cercle inscrit est égal au de la longueur de la médiane, soit r = a
Dans un triangle équilatéral, le cercle circonscrit a un rayon double de celui du cercle inscrit.
Proposition 1 du Ier livre des éléments d'Euclide :
Construire un triangle équilatéral sur une ligne droite donnée et finie.
EXPOSITION. Soit AB une droite donnée et finie (on dirait maintenant un segment [AB]).
DÉTERMINATION. Il faut construire sur la droite finie AB un triangle équilatéral.
CONSTRUCTION. Du centre A et de l'intervalle AB, décrivons la circonférence ACD (demande 3); et de plus, du centre B et de l'intervalle BA, décrivons la circonférence BCE; et du point C, où les circonférences se coupent
mutuellement, conduisons aux points A, B les droites CA, CB (demande 1).
DÉMONSTRATION. Car, puisque le point A est le centre du cercle ACD, la droite AC est égale à la droite AB (définition 15); de plus, puisque le point B est le centre du cercle BCE, la droite BC est égale à la droite BA ; mais on a démontré
que la droite CA était égale à la droite AB; donc chacune des droites CA, CB est égale à la droite AB; or, les grandeurs qui sont égales à une même grandeur, sont égales entre elles (notion 1);
donc la droite CA est égale à la droite CB; donc les trois droites CA, AB, BC sont égales entre elles.
CONCLUSION. Donc, le triangle ABC (définition 24) est équilatéral, et il est construit sur la droite donnée et finie AB. Ce qu'il fallait faire.
Rappels
Demande 3. D'un point quelconque, et avec un intervalle quelconque, décrire une circonférence de cercle.
Définition 15. Un cercle est une figure plane, comprise par une seule ligne qu'on nomme circonférence ;
toutes les droites, menées à la circonférence d'un des points placés dans cette figure, étant égales entre elles.
Définition 24. Parmi les figures trilatères, le triangle équilatéral est celle qui a ses trois côtés égaux.
Construction avec un logiciel de géométrie :
Placer A et B et dessiner le segment [AB],
tracer les cercles de centre A et B et de rayon AB (cercles de centre A passant par B et de centre B passant par A),
construire C un des pointsd'intersection des deux cercles,
tracer les segments [BC] et [AC].
a. Construction par pliage d'une feuille rectangulaire
Dessiner un triangle équilatéral par pliage d'une feuille rectangulaire AA’D'D.
Marquer la feuille selon la médiatrice A1D1. Plier l'angle en A et rabattre A’ en H sur la médiatrice A1D1. Le pli de la feuille est le côté [AC]. Plier suivant (CH) et on obtient le côté [BC].
H est le milieu de [BC] et l'angle AHC égal à l'angle AA’C est droit. AH est à la fois hauteur et médiane de ABC qui est donc isocèle en A. La hauteur AK est égale à la hauteur de la feuille AA’ qui est égale à AH.
ABC est un triangle équilatéral. En C l'angle plat est partagé en 3 angles de 60°.
b. Construction avec une bande de papier et son axe médian
La construction du triangle équilatéral de hauteur h se fait en plaçant un des sommets au coin d'un rectangle de largeur h. Le pied H de la hauteur [BH] est situé sur la médiatrice (A1B1) du rectangle. Ce point est aussi situé à une distance h de A.
Avec GéoPlan, construire le point H intersection de [A1B1] et du cercle de centre A passant par B. La médiatrice de [AH] coupe (AA’) en C et la droite (CH) coupe (BB’) en D qui est le troisième sommet du triangle équilatéral BCD.
Dessiner un cercle et tracer deux diamètres perpendiculaires [AA’] et [DE]. Rabattre le point A’ sur O. Le pli rencontre [AA’] en H le cercle en B et C. Quelle est la nature du triangle ABC ?
Solution
Les triangles OBA’ et OCA’, ayant leurs trois côtés de longueur égale au rayon du cercle, sont équilatéraux ; l'angle au centre BOC mesure 120°. L'angle inscrit BAC mesure 60°. ABC est un triangle équilatéral.
Longueur du côté et aire
Si R est le rayon du cercle circonscrit,
la hauteur h du triangle est AH = AO + OH = R.
Avec le calcul de la hauteurh = a, en simplifiant R = a,
on trouve que a, longueur du côté BC, est égal à R.
Les cercles (c1) de centre O1 et (c2) de centre O2 ont même rayon R ; le centre de
l'un appartient à l'autre.
Le point C est le symétrique de O1 par rapport à O2.
Les deux cercles se coupent en A et B.
• Montrer que le triangle ABC est équilatéral de côté R.
Indications : les triangles AO1O2 et BO1O2 sont équilatéraux (configuration de la figure 1). L'angle au centre AO2B est égal à 120°. L'angle inscrit ACB mesure 60°.
Le triangle ABC, ayant la droite (CO1) comme axe de symétrie, est isocèle.
Un triangle isocèle ayant un angle de 60° est équilatéral.
• Quels sont le périmètre et l'aire de la surface hachurée formée par les deux segments circulaires (ou lunules) de part et d'autre de la corde [AB] ?
Indications : la surface hachurée est limitée par les deux arcs de cercle AO1B et AO2B, arcs de longueur égale. Sur le cercle (c2), l'arc AO1B intercepte l'angle au centre AO2B de 120°, égal au de 360°. La longueur de l'arc est donc est égal à du périmètre 2πR du cercle, soit πR.
Le périmètre de la surface hachurée est alors de πR.
La surface hachurée est la réunion de deux lunules, de même aire, délimitées par la corde [AB] et les deux arcs de cercle.
L'aire de la lunule AO1B est égale à l'aire du secteur angulaire AO2B diminué de l'aire du triangle AO2B.
L'aire du secteur angulaire AO2B est égal à de l'aire πR2 du cercle, soit πR2.
Le point O2 est le centre du triangle équilatéral ABC, de côté R et d'aire 3R2 (voir paragraphe précédent).
AO2B, BO2C et CO2A partagent en trois triangles d'aire égale le triangle ABC. L'aire
du triangle AO2B est donc × 3R2 soit R2.
L'aire du segment circulaire AO1B est : πR2 − R2 = ( − )R2.
L'aire de la surface hachurée est égale à ( − )R2
Abu'l-Wafa est un mathématicien et astronome persan connu pour ses apports en trigonométrie et pour ses constructions à la « règle et au compas ».
Il est né en 940 à Buzjan dans la région de Khorasan. À l’âge de vingt ans, il part pour Bagdad où il restera jusqu'à sa mort en 998.
Étant donné un carré OPCQ, construire un triangle équilatéral CIJ, I et J étant situés sur les côtés du carré.
Abu l-Wafa se posait le problème comme suit :
soit OPCQ un carré de centre O2 ; un point I quelconque sur l'arête [OP] et le point J symétrique de I par rapport à la droite (OC) ; J est alors sur [OQ]. Le triangle CIJ peut-il être équilatéral ?
La construction n'est pas unique, il s'agit d'en réaliser au moins une aboutissant à un triangle équilatéral inscrit dans le carré.
b. La solution proposée par Abu l-Wafa est la suivante :
Construire le cercle (c2) de centre O2, circonscrit à OPCQ.
Construire un second cercle (c1) de centre O passant par O2.
Nommer A et B les deux points d'intersection de ces cercles.
(le triangle ABC est équilatéral comme le montre la figure du paragraphe 4)
On peut alors prouver que les droites (CA) et (CB) coupent les arêtes du carré en deux points qui sont les points I et J recherchés. Le triangle CIJ est équilatéral.
Construire les cercles (c1) de centre O passant C et (c2) de centre C passant par O.
Ces deux cercles se coupent en D et H.
Soit A et B les milieux de [OD] et [OH].
Les droites (CA) et (CB) coupent les arêtes du carré aux points I et J.
Le triangle CIJ est équilatéral.
Indications
Les rayons [OD] et [OH] font un angle DÔH de 120°. Leurs médiatrices (CA) et (CB) font un angle AÔB de 60°.
En effet, si F est le symétrique de C par rapport à O, le triangle DFH est équilatéral comme le montre la figure du paragraphe 4. O est le centre du cercle circonscrit, donc (OD) et (OH) sont deux médiatrices du triangle.
(CA) et (CB) recoupent le cercle (c1) en E et G.
Le triangle CEG symétrique (par rapport à O) de DFG est aussi équilatéral. (On note que CDEFGH est un hexagone régulier).
Par symétrie par rapport à O, les cordes [CE] et [CG] sont les médiatrices des rayons [OD] et [OH] qu'elles coupent en leurs milieux A et B.
Enfin, on montre que la figure admettant (CF) comme axe de symétrie, le triangle CIJ est isocèle ; donc avec un angle ICJ de 60°, il est équilatéral.
Commandes GéoPlan
Déplacer les points O ou O2,
Taper S pour la solution.
Construire l'image (d) de la droite (OP) par la rotation r de centre C et d'angle 60°, cette droite image (d) coupe (OQ) en B,
puis on obtient C en construisant l'image de B par la rotation réciproque r– 1 de centre C et d'angle -60°.
Le triangle ABC est équilatéral.
Démonstration
La droite image (d) coupe bien (OQ) car sinon (d) serait parallèle à (OQ), et donc perpendiculaire
à (OP) : impossible, car l'angle entre (d) et (OP) vaut 60° (ou 120°).
Enfin, ABC est bien équilatéral, car A est l'image de B par la rotation réciproque r– 1
de centre C et d'angle -60° ; B est sur (d), donc A est bien sur l'image réciproque (OP). Le triangle ABC est
donc isocèle en C et d'angle au sommet 60°, les trois angles du triangle valent chacun 60°.
Construire un triangle équilatéral dont deux sommets sont situés sur deux droites
Équidistance : Affaire de logique no 239 - Le Monde 11-18 septembre 2001
On donne un point A et deux droites (d1) et (d2).
Existe-t-il un point B sur (d1) et un point C sur (d2) tel que le triangle ABC soit équilatéral ?
Solution
Si le triangle équilatéral ABC existe, le point C est obtenu à partir du point B par une rotation de 60°
(ou de - 60°) autour de A. Cela nous donne une méthode de construction de deux triangles qui, en général, répondent à la question :
- Premier triangle : on fait pivoter la droite (d1) de 60° autour de A. La transformée (d1’)
coupe (d2) en C. Le point de (d1) dont C est l'image est le point B.
- Deuxième triangle : on fait pivoter la droite (d1) de - 60° autour de A. La transformée
(d1’) coupe (d2) en C’. Le point de (d1) dont C’ est l'image est le point B’.
Dans le cas où (d1) et (d2) font entre elles un angle de 60°, l'une des deux constructions
reste valable. Quant à l'autre, elle en génère une infinité ou au contraire ne produit aucun triangle
selon que A est sur des bissectrices de (d1, d2) ou pas.
Construction
Soit H la projection de A sur la droite (d1), on construit le cercle (c) de centre A, tangent à
(d1) en H. La médiatrice de [AH] coupe le cercle (c) en U et V. Les tangentes en U et V sont les
images de (d1) par les rotations d'angles 60° et -60°. Ces deux tangentes coupent en général
(d2) en deux points C et C’. On construit les antécédents B et B’ de C et C’ dans les deux rotations.
Commande GéoPlan :
cliquer dans une des deux figures et taper T pour afficher le triangle AB’C’, deuxième solution.
Bibliographie : Carrega J.-C. - Théorie des corps : la règle et le compas - Hermann 2001
Élisabeth Busser et Gilles Cohen : 100 jeux mathématiques du Monde volume 3 - Éditions POLE 2004
Sortais Yvonne et René - Géométrie - Hermann 1988
Construire un triangle équilatéral dont deux sommets sont situés sur deux droites parallèles
Étant donnés un point A et deux droites parallèles (d2) et (d3), construire
un triangle équilatéral de sommet A tel que les deux autres sommets soient situés sur chacune des droites.
Méthode 1 - rotation
Construire l'image (d3’) de la droite (d3) par la rotation r de centre A et d'angle 60°, cette droite image (d3’) coupe (d2) en B.
Enfin, on obtient le point C en construisant l'image de B par la rotation réciproque r– 1 de centre A et d'angle -60° (constructions faciles avec le compas et la règle).
Démonstration
(d3’) coupe bien (d2) : en effet, l'angle entre (d3) et (d3’) étant de 60°
(ou 120°), et (d2) et (d3) étant parallèles, l'angle entre (d2) et (d3’) est donc de 60° (ou 120°).
Le point C appartient bien à (d3) car C est l'image de B par r– 1 ; B appartient à (d3’)
et l'image de (d3’) par r– 1 est (d3).
Enfin, ABC est bien équilatéral, car C est l'image de B par la rotation réciproque r– 1
de centre A et d'angle -60°, donc ABC est isocèle en A et d'angle au sommet 60°, ces trois angles valent donc chacun 60°.
Où l'on construit un triangle équilatéral - Où l'on calcule l'aire de ce triangle équilatéral : exercice bac S centres étrangers 1998
Construire un triangle équilatéral dont les sommets sont situés sur trois droites parallèles (d1), (d2) et (d3).
On peut choisir arbitrairement un point A sur la droite (d1) - figure plus simple en choisissant la droite du centre.
Démonstration : à partir de A tracer les droites (d2’) et (d3’)
faisant avec la droite (d1) des angles de 60° (avec GéoPlan utiliser les images d'un point de (d1) par les rotations de centre A et d'angles 60° et -60°).
(d2’) coupe (d2) en B2 et (d3’) coupe (d3) en C3. Le cercle
circonscrit au triangle AB2C3 recoupe (d2) en B et (d3) en C. Les angles inscrits AB2B et AC3C, égaux à 120°, interceptent sur le cercle deux arcs dont les longueurs sont
égales au tiers de la circonférence. Les angles inscrits supplémentaires ACB et ABC sont égaux à 60° et le triangle ABC est une solution du problème.
Construire un triangle rectangle isocèle dont :
• les deux sommets des angles aigus sont situés sur deux droites,
• le sommet de l'angle droit est situé sur une droite, un des sommets d'un angle aigu est situé sur une autre droite.
ABC est triangle équilatéral.
M un point de son cerclecirconscrit (c), M est entre B et C.
MA = MB + MC
Indication
Soit I le point de [AM] équidistant de M et C.
MIC triangle isocèle ayancle t un angle de 60° (angle inscrit AMC dans le cercle (c) égal l'angle ABC),
est aussi équilatéral.
La rotation de centre C et d'angle 60° transforme I en M et A en B.
Donc, IA = MB et MB + MC = IA + IM = MA.
Bissectrice
Une étude des angles inscrits permet de remarquer que BMC complémentaire de BAC mesure 120°,
que AMB = ACB = 60° et AMC = ABC = 60°,
(MA) est la bissectrice de BMC.
ABC est un triangle équilatéral inscrit dans un cercle (c).
F est le point de [BC] tel que FB = k FC. On choisira k = 1, 2 ou 3
La droite (AF) recoupe le cercle en D.
La droite parallèle à (AD) passant par B coupe (CD) en E.
a. Montrer que BED, ayant deux angles de 60°, est un triangle équilatéral.
Vérifier que et calculer DF. b. Calculer le rapport de l'aire du triangle ABC sur l'aire du triangle BED.
Indication
a. Les angles inscrits ADC et ADB sont égaux à 60°.
(DF) est une bissectrice du triangle BCD et DB/DC = FB/FC = k, soit DB = k DC.
Le triangle BED, ayant deux angles de 60°, est un triangle équilatéral ; on note a son côté : DB = DE = a et DC = a/k.
Par hypothèse (FD) // (BE), d'après la propriété de Thalès dans le triangle BCE on a : CE/CD = BE/FD.
De DB = k DC = a, on trouve 1/DF = 1/DB + k/DB = (k + 1)/DB, d'où DF = DB/(k + 1) ; soit DF = a/(k + 1).
b. Soit I le milieu de [DE]. La hauteur de BED est IB = a.
CI = CD + DI = a/k + a/2 = a (1/k + 1/2). Avec la relation de Pythagore dans le triangle rectangle BCI :
CB2 = CI2 + IB2 = a2((1/k + 1/2)2 + 3/4) = a2,
le rapport de l'aire du triangle ABC sur l'aire du triangle BED est égal au rapport des carrés de leurs côtés, donc .
Un triangle équilatéral est inscrit dans un cercle, lui-même inscrit dans un autre triangle équilatéral.
La longueur du côté du petit triangle étant 1, quelle est celle du côté du grand ?
Commandes GéoPlan
Cliquer dans la figure et taper S pour afficher les médiatrices de A’B’C’,
taper M pour afficher le triangle médian de A’B’C’.
Solution
Tracer le triangle médian A1B1C1 de A’B’C’.
Ce triangle équilatéral inscrit dans le cercle a ses côtés de longueur 1.
Le triangle A’B’C’ est alors décomposé en quatre triangles équilatéraux de même taille que ABC.
Le côté A’B’ = A’C1 + C1B’ = 1 + 1 = 2 du grand triangle est double de celui du petit.
Remarque
Le cercle circonscrit au triangle A’B’C’ a un rayon R double du rayon r du cercle circonscrit au triangle ABC. Ce cercle est le cercle inscrit dans le triangle. A’B’C’.
D'où : dans un triangle équilatéral le cercle circonscrit a un rayon double de celui du cercle inscrit.